Gérer les symptômes de la ménopause au travail: mon constat coup de gueule! (1ère partie)

Gérer la ménopause au travail

Parler de la ménopause au travail n’est pas une mince affaire et à vrai dire, la ménopause au travail est un sujet tabou. Voici ma conviction : la ménopause au travail doit sortir du bois! Nous ne devons pas avoir honte d’en parler pour une bonne raison: l’allongement de la durée des carrières au travail!  A ce propos, les statistiques sont très claires : les femmes sont de plus en plus nombreuses à travailler au-delà de 45, 50, voire 60 ans; ce qui me fait déduire que  les impacts de la transition ménopausique sur la vie au travail font ou feront tôt ou tard partie du quotidien des femmes au travail.

Dans cet article, j’ai donc envie de secouer le cocotier pour qu’on puisse enfin ouvrir les yeux sur ce sujet délicat, sur la ménopause au travail, et vous donner mesdames quelques stratégies pour passer le cap plus sereinement. Bien sûr, j’aurai une approche systémique et je donnerai aussi quelques conseils que vous pourrez relayer à votre entreprise si vous le pouvez. L’article est en deux parties. Ici, je vous en livre la première partie.

Que sait-on de la façon dont les femmes vivent les symptômes de leur ménopause au travail?

Certaines vivent très bien les symptômes de leur ménopause au travail, et d’autres très très mal! Entre ces deux extrêmes, il y a une majorité silencieuse de femmes dont les symptômes désagréables de la ménopause impactent la qualité de vie au travail.

Selon plusieurs études réalisées aux États Unis et en Angleterre, saviez-vous en effet que:

  • Une femme sur 2 âgée de 45 à 65 ans éprouve des difficultés à gérer les symptômes de leur ménopause au travail;
  • Le stress au travail est un facteur aggravant des symptômes de la ménopause;
  • Les symptômes de ménopause les plus gênants au travail sont dans l’ordre :  les bouffées de chaleur, les troubles de la mémoire et de la concentration, la fatigue, les états dépressifs ou les sautes d’humeur;
  • Il est plus facile pour une femme de parler de ses symptômes ménopausiques lorsqu’elle est dans un environnement de travail composée majoritairement de femme de même génération;
  • Malgré tout, lorsqu’elles parlent de leur transition ménopausique à leur collègue homme ou femme, 1 femme sur 2 se sent soutenue ou comprise par son collègue, par son manager ou boss direct…mais 1 femme sur 2 n’ose pas en parler de peur d’être jugée.

 

Si vous êtes en pleine transition de la ménopause, je suis certaine que ces données vous parlent! Personnellement, j’ai pris conscience du calvaire que pouvait être la ménopause au travail après avoir été témoin d’une conversation entre deux femmes autour de la machine à café.

Une des femmes, presque la cinquantaine, (appelons-là Jacqueline) se plaignait du fait qu’il faisait beaucoup trop chaud dans son bureau qu’elle partageait avec trois autres collègues et qu’il lui était impossible d’ouvrir la fenêtre parce que ces mêmes collègues plus jeunes trouvaient que la température intérieure était correcte. Jacqueline avouait que cela créait régulièrement des mini-conflits au bureau ou des remarques ironiques, limites discriminatoires.

Et encore, là il ne s’agit que  de l’impact des symptômes climatériques de la ménopause.  Car en effet, qu’en est-il des autres symptômes? Si vous êtes en transition de la ménopause (ou pas encore) et que vous discutez sincèrement entre collègues vous en apprendrez beaucoup et vous vous sentirez moins seule.

Vous apprendrez en effet :

  • qu’il y a des femmes qui perdent progressivement l’estime d’elle-même et confiance dans leur capacité à ne plus pouvoir faire leur travail correctement ou à gérer des choses qu’elles faisaient parfaitement avant;
  • ·qu’il y a des femmes qui décident de s’absenter volontairement et même de se mettre en indisponibilité en raison de symptômes de ménopause difficiles à gérer;
  • qu’il y a des entreprises dont les conditions de travail sont tellement dégradées ou dont les managers subissent un tel niveau de pression au travail ou,  à l’inverse, qui ont des pratiques de management si délétères que cela impactent tous les salariés sans distinction, et encore plus durement  les femmes en transition ménopausique.

 

La ménopause au travail: il faut agir au plus vite!

Il faut donc agir et vite si on veut que les salariés de toute génération au sein d’un même bureau ou d’une même équipe continuent ,à bien s’entendre car:

  • d’une part pour la première fois dans le monde du travail trois générations se côtoient au travail: les boomers (génération d’après guerre), les générations X (les quarantenaires-cinquantenaires et les générations Y (les moins de trente ans);
  • et d’autre part, toutes les femmes doivent avoir leur place dans l’entreprise et plus globalement dans la société. Rendez-vous compte! Aujourd’hui les jeunes filles peuvent parler de leur puberté naissante ou se rendre  dans les infirmeries de leur collège en cas de symptômes liés à leur activité hormonale en ébullition; la maternité est entrée dans l’entreprise grâce au congé de maternité (souvenez-vous qu’il y a encore un siècle, les femmes travaillant dans les usines ou les mines cachaient leur ventre pour révéler leur grossesse le plus tard possible et limite ne pas la révéler du tout). Maintenant, il reste un dernier bastion à conquérir pour les femmes en matière de santé au travail:  la ménopause. Ainsi, la boucle est bouclée: puberté-maternité-ménopause.

 

Deux stratégies gagnantes pour gérer les symptômes de la ménopause au travail

Alors comment agir? En appliquant deux types de stratégie! La première est centrée sur vous-même qui êtes en cours de transition de la ménopause. Et vous avez une grande marge de manœuvre. La seconde stratégie se situe au niveau de l’entreprise elle-même  et j’avoue que là, vous n’avez pas beaucoup de leviers!

Dans le prochain article, je vous présenterai en détail ces deux stratégies gagnantes.

En attendant, venez nous dire comment vous vivez actuellement ou avez vécu votre transition de la ménopause au travail? Et si votre transition n’a pas commencé, avez-vous des collègues qui vous en parlent et comment avez-vous réagi?

Sereinement votre.

Chantou

4 Responses to Gérer les symptômes de la ménopause au travail: mon constat coup de gueule! (1ère partie)

  1. nanou says:

    Euh oui….
    La ménopause reste un sujet tabou et en entreprise la femme de 50 ans ne vaut plus grand chose, je me vois mal dire à mes collègues, si je suis de mauvaise humeur, c’est à cause de mes hormones, les bouffées c’est à cause des hormones… etc…
    Quand on est ménopausée on est hélas relégué aux rangs des vieilles peaux:(

  2. Chantou says:

    Bonjour Nanou,
    Merci pour votre commentaire.
    Comme je vous comprends! Et c’est pour cela qu’il faut la faire sortir du bois. Votre commentaire est très intéressant parce qu’il soulève bien des enjeux à la fois pour l’entreprise et pour les salariés, comme :
    – La perception des seniors au travail
    – Ce qu’on peut dire et ne pas dire et comment le dire
    – Le soutien social(solidarité entre collègues)
    S’il est vrai que certaines entreprises en France font peu de cas de leurs seniors de plus de 50 ans (et aussi de leur jeunesse malheureusement), ce n’est pas le cas ailleurs où des vrais programmes de santé au travail pour les seniors, une communication managériale, des programmes de gestion des âges au travail sont mis en place (en Scandinavie par exemple).

    Dans mon prochain billet, je parlerai justement de tout cela.

    Sereinement

    Chantou

  3. nanou says:

    Notre société Occidentale n’est pas tolérante face à la vieillesse, le culte de la jeunesse et de la performance y est primordial,vieillir est presque une tare,
    et c’est pire chez la femme, si en plus elle est ménopausée, elle n’est plus bonne à rien, notre culture aurait des progrès à faire de ce côté là.
    On ferait bien d’en prendre de la graine par rapport à d’autres cultures, ou vieillir et la ménopause sont un signe de sagesse et de libération pour les femmes.
    Voilà pourquoi la ménopause est un poids pour les femmes…..
    La mienne se passe mal, hélas.

  4. Merci beaucoup Chantou pour cet article très très intéressant.
    Je vois à quoi m’attendre! 😉
    Déjà que certains employeurs font une très nette distinction entre les hommes et les femmes (responsabilités, augmentation….). Même protégée la femme enceinte ou la jeune maman passe pour une « chieuse » qui ne pense qu’à ses mômes!!!!
    Je n’avais jamais réfléchi au fait que la ménopause pouvait poser un problème au travail. Mais c’est logique, les symptômes ne s’arrêtent pas dès qu’on franchit la porte du bureau.
    J’ai hâte de lire ton prochain article avec les deux stratégies.

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