Incontinence urinaire…ne vous retenez plus, agissez!

Saviez-vous qu’une femme sur quatre souffre d’incontinence urinaire et que celle-ci concerne majoritairement les femmes âgées entre 45 et 65 ans ? Peut-être que vous ne vous sentez  pas concernées. Cependant, considérez d’abord ces questions :

 

 

  • quand vous faîtes du sport, vous arrive-t-il d’avoir des fuites ?
  • allez-vous souvent précipitamment aux toilettes ?
  • avez-vous du mal à retenir vos urines ?
  • avez-vous eu plusieurs accouchements par voix basse ?
  • êtes-vous tout simplement en pré-ménopause, periménopause ou ménopause ?

Si vous avez répondu affirmativement à l’une de ces questions et que vous ne souhaitez pas vous voilez la face, je vous recommande vivement de lire la suite de ce billet !

Si vous êtes incontinente, cela impacte forcement  votre vie quotidienne

Outre le fait que l’incontinence soit plus fréquente qu’on ne le pense, ce phénomène tend à renforcer certains symptômes psycho-émotionnels de la ménopause comme l’estime de soi, le stress, l’insomnie. A cela, viennent se greffer d’autres souffrances : l’incontinence urinaire impacte la vie sociale, professionnelle et sexuelle des femmes au point que le sujet devient un tabou. Pour preuve, si vous en êtes sujette, en avez-vous déjà parlé à votre médecin ou thérapeute ? A votre entourage familial ou ami(e)s proches ? Je suis presque sûre de votre réponse : votre médecin n’aborde pas spontanément le sujet, pourquoi en parleriez-vous ? Quant à votre entourage familial, peut-être avez-vous peur  d’être moquée ou dénigrée ?

Sachez que vous n’êtes pas seule ! L’incontinence urinaire touche en moyenne de 10% à 53% de la population féminine selon plusieurs études. Avouez qu’entre ces deux pourcentages, il y a suffisamment de place pour mettre trois semi-remorques ! De fait, le plus simple moyen de savoir si vous êtes incontinente est de comprendre de quoi il s’agit concrètement.

L’incontinence urinaire, c’est quoi ?

L’incontinence urinaire est une perte involontaire d’urine qui affecte votre qualité de vie. Si vous avez observé des fuites involontaires d’urine en toussant, en éternuant ou en faisant du sport par exemple, il est fort probable que vous soyez incontinente. Pour être plus précis, il existe trois types d’incontinences urinaires :

  • L’incontinence d’effort: elle se caractérise par une fuite involontaire des urines alors qu’on n’a pas vraiment envie d’uriner ! Ces fuites se produisent par exemple lors de la toux, d’un éternuement, un port de charge ou une activité physique comme la gymnastique.
  • L’incontinence par hyperactivité de la vessie: elle se caractérise par une perte involontaire d’urine précédée d’un besoin urgent et incontrôlable d’uriner. Pour faire simple, c’est lorsque vous courrez aux toilettes faire pipi en vous dandinant comme une oie parce que vous avez du mal à vous retenir
  • L’incontinence mixte: c’est un mélange d’incontinence d’effort et d’incontinence par hyperactivité de la vessie.

Lien entre ménopause et incontinence urinaire

En pré-ménopause, périménopause ou ménopause, ces types d’incontinence sont fréquents. Si vous êtes lectrices assidues de ce blog, vous savez que la ménopause est notamment liée à une baisse de l’activité de vos ovaires qui produisent de moins en moins de progestérone et d’estrogènes.

C’est précisément la diminution progressive de ces sécrétions hormonales qui entraine plusieurs désagréments au niveau de la vessie, du plancher pelvien et du périnée. L’incontinence d’effort par exemple est due probablement au vieillissement des muscles du plancher pelvien qui ne jouent plus leur rôle de soutien, mais également à une moindre « efficacité » de vos sphincters, ainsi qu’à une atrophie vulvo-vaginale.

La ménopause n’est pas la seule responsable !

Ne mettons pas tout sur le dos de la ménopause ! D’autres facteurs sont à prendre en considération. Ils sont nombreux mais mieux vaut les connaître que les ignorer !

  • L’âge : l’incontinence urinaire augmente avec l’âge et s’accélère entre 40 et 55 ans
  • L’origine ethnique: des recherches nord-américaines ont démontré que l’incontinence urinaire d’effort était significativement plus fréquente  chez les femmes de type « caucasien » que  les femmes de type « afro-américain ».
  • Les antécédents gynéco-obstétricaux: le nombre de grossesse, avoir mis au monde au moins 4 enfants (ça laisse quand même de la marge !), accouché d’un bébé  de plus de 4 kg, un accouchement difficile, l’utilisation de forceps ou de ventouse sont des facteurs aggravants d’incontinence urinaire
  • La pratique intensive de certains sports : le trail, la zumba, la course à pied, la gym, augmentent les risques d’incontinence urinaire en raison des efforts répétés, des sauts et des pressions intra-abdominalesqu’ils exercent sur le plancher pelvien
  • La prise de certains médicaments: les traitements hormonaux de substitution (sur ce dernier point,  il y a beaucoup d’études contradictoires cependant) et les diurétiques accentuent l’incontinence urinaire
  • L’obésité ou la surcharge pondérale, le diabète
  • L’énurésie dans l’enfance
  • La dépression accentue les troubles de la miction en raison du manque de sérotonine
  • Le tabagisme
  • La constipation
  • L’hypo-estrogénie
  • Les antécédents d’infections urinaires (cystite, candidose…)
  • Un mauvais état de santé général
  • L’hystérectomie ou des opérations chirurgicales sur l’abdomen ou le bassin. Ces opérations ont tendance à favoriser une moindre efficacité au niveau des sphincters

 La liste est longue, mais des solutions naturelles existent

En discutant avec beaucoup de femmes, j’ai pu observer qu’elles avaient parfois des comportements irrationnels pour faire face à l’incontinence urinaire. Par exemple, elles évitent de boire de l’eau tout au long de la journée de peur d’intensifier la fréquence de leur miction,  elles anticipent leur incontinence  en allant aux toilettes pour prévenir d’éventuelles fuites  ou encore elles ne prennent pas  l’initiative d’en parler spontanément à leur médecin.  Êtes-vous dans ce cas ? Quel que soit votre réponse, vous pouvez faire face à votre incontinence urinaire par des moyens naturels.

Eviter tout mouvement ou port d’objet qui pourrait compresser et/ou affaiblir votre plancher pelvien:

  • Quand vous faites vos courses, prenez un caddie ; il existe des caddies « très fashion » qui feront taire tout envie de vous comparer à mémé fait ses courses !
  • Eviter de porter quotidiennement des chaussures à talons hauts
  • Eviter les jeans ou jupes trop serrés qui ont tendance à comprimer votre bassin

Essayer de maitriser votre poids:

  • Chose pas toujours facile d’autant que la prise de poids n’est pas rare lors du passage de la ménopause (en moyenne 5 kg). Le but est surtout de travailler la taille de votre abdomen qui peut comprimer vos organes pelviens.

Veiller à normaliser votre transit afin d’éviter la constipation.

  • Pour cela, il n’y a pas de mystère : mangez des fibres et procédez à un rééquilibrage alimentaire le cas échéant. Cela pourra aussi vous aider à diminuer d’autres symptômes de la ménopause comme la prise de poids.

Arrêter la cigarette.

  • Vous n’en tirerez que des bénéfices car outre le fait que ne pas fumer vous évitera de tousser, vous ressentirez les bienfaits sur votre métabolisme global et votre santé en général. J’en parle en long et en large ici !

Faites le tri dans ce que vous buvez

  • Evitez le café et l’alcool

 Appliquez des techniques comportementalistes comme « le bladder training », le biofeedback et l’autohypnose.

  • Le bladder training consiste par le biais d’exercice de relaxation à reprogrammer sa vessie pour mieux contrôler l’envie d’uriner  et à espacer ces envies petit à petit. Ces exercices permettent vraiment de prendre conscience de sa miction
  • Dans cet esprit, le biofeedback (technique qui permet reprendre le contrôle sur son propre corps par la force de l’esprit) et l’autohypnose semblent donner aussi de bons résultats. Vous ne perdez rien à essayer car ces techniques sont financièrement très accessibles

Renforcer le tonus musculaire de votre plancher pelvien

  • Pratiquez les exercices de Kegel. Les exercices de Kegel sont souvent recommandés après un accouchement. Outre le fait qu’ils permettent de rééduquer le périnée, ces exercices augmentent aussi la sensibilité vaginale lors de rapports sexuels ainsi que la lubrification vaginale. Avec Kegel, vous pouvez diminuer d’autres symptômes de la ménopause comme la sécheresse vaginale, la  baisse de libido et renforcer les liens avec votre partenaire. Ça vaut vraiment  la peine d’essayer !

Mettre des protections urinaires

  • Aujourd’hui on en trouve de très discrètes au point que vous ne les sentirez même plus. Et si vous êtes gênée de vous rendre dans un magasin pour en acheter, vous pouvez toujours les commander sur internet!

 

Ne laissez pas l’incontinence urinaire vous gâcher l’existence et surtout n’en faites plus un tabou : en parler et agir naturellement c’est possible! D’ailleurs, saviez-vous que Kate Winslet, la fiancée de Léonardi Di Caprio dans le film Titanic, a avoué récemment son incontinence urinaire ? Sans avoir besoin d’aller le crier sur tous les toits, pourquoi ne pas prendre le taureau par les cornes en essayant des solutions naturelles…

Sereinement votre

Chantou

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