Dépression et transition de la ménopause : 6 outils pour aller mieux

La dépression est un sujet sensible. Saviez-vous d’ailleurs que les femmes sont deux fois plus sujettes à un épisode dépressif au cours de leur vie que les hommes et  qu’une femme sur cinq connaîtra un épisode dépressif au cours de sa vie contre seulement  un homme sur dix.Et comme si cette réalité ne suffisait pas, la dépression a plusieurs visages :

  1. perte d’intérêt et du plaisir à l’égard des activités quotidiennes, même celles habituellement plaisantes, c’est ce qu’on appelle l’anhédonie
  2. tristesse continue avec pleurs fréquents
  3. sentiment de dévalorisation et de culpabilité excessif ou inapproprié, c’est ce qu’on appelle le manque d’estime de soi 
  4. idées de mort ou de suicide récurrentes, le sentiment que la vie ne vaut pas la peine d’être vécue
  5. ralentissement psychomoteur
  6. fatigue souvent dès le matin
  7. perte d’appétit, souvent associée à une perte de poids
  8. troubles du sommeil avec en particulier des insomnies matinales
  9. difficultés d’attention, de concentration et de mémoire

Ces neuf visages sont en fait les neuf symptômes de la dépression tels que définis par l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé). Si un médecin diagnostique au moins  cinq de ces symptômes chez son patient, presque tous les jours depuis au moins deux semaines, dont obligatoirement la tristesse et la perte d’intérêt et du plaisir, alors le patient est considéré comme présentant un état dépressif.

Ne remarquez-vous quelque chose ? Ne remarquez-vous pas que certains des symptômes ci-dessus ressemblent étrangement à ceux que peut expérimenter une femme en transition de la ménopause?

En tant que femme vous allez probablement me dire « Chantou,  c’est à cause de nos hormones ». A cela je dirai : « Oui et Non car il ne faut pas tout mettre sur le compte de la chute de l’activité hormonale.»

Certes, en périménopause, la baisse de production hormonale et en particulier d’œstrogènes à un lien certain avec les troubles du sommeil, la perte d’intérêt, de plaisir, la fatigue, la baisse d’estime de soi,  etc. Votre hypophyse, qui participe  directement au fonctionnement d’autres organes clés comme votre thyroïde, vos glandes surrénales, ou encore vos ovaires  joue un rôle clé sur les organes précités.

Cependant, réduire l’épisode dépressif de la femme en périménopause à une chute hormonale est aussi réducteur que de dire qu’une voiture est en panne quand il n’y a pas d’essence dans le moteur. Pour preuve, beaucoup de femmes approchant la cinquantaine se font prescrire des antidépresseurs et des THM, sans constatés des impacts significatifs sur leur état dépressif à moyen terme. Ce n’est donc pas qu’un problème d’essence…De même, ce n’est donc pas qu’un problème d’hormone!

Investiguez vos facteurs et vos risques de dépression en périménopause

Ce constat m’oblige à inciter toutes les femmes en périménopause  se sentant dépressive à investiguer véritablement les facteurs déclencheurs de leur dépression afin d’éviter le plus possible l’usage d’antidépresseurs, lesquels  de toute façon ne vous feront pas de bien sur le long terme.

Les facteurs déclencheurs de la dépression en périménopause sont nombreux.  Bien sûr, il y a la baisse de votre production d’œstrogènes (nous ne le nions pas) ; mais il y en a également bien d’autres facteurs aussi significatifs:

  • votre personnalité. Des études très sérieuses ont démontré que plus une personne est pessimiste et possède une vision négative du monde et plus elle est sujette à la dépression…une dépression qui s’amplifiera lors de la transition ménopausique ;
  • le stress ;
  • un divorce en milieu de vie ;
  • le départ des enfants de la maison ;
  • l’arrêt brutal d’une habitude que vous savez néfastes, mais bien ancrée (l’arrêt de la cigarette, régime draconien par exemple) ;
  • la maladie (la sienne ou celle d’un proche) ;
  • des problèmes liés à l’enfance qui refont surface juste au moment de l’entre en ménopause ;
  • la solitude ;
  • les difficultés financières ;
  • un sentiment de vide spirituel ;
  • un bilan de milieu de vie que vous estimez négatif ;

Toutes ces causes sont des causes majeures de dépression en périménopause…Les antidépresseurs ou les traitements hormonaux prescrits par votre médecin ne suffiront pas à vaincre la dépression ou l’anxiété en lien avec ces causes.

Peut-être que ces traitements sont efficaces pour certaines d’entre vous dont les symptômes ménopausiques sont insupportables. Vous n’avez peut-être pas pu faire autrement. Je comprends : la thérapie œstrogénique combinée à un traitement par antidépresseurs prescrits par votre médecin sont des traitements de choc , mais seulement à très court terme. Pendant combien de temps allez-vous prendre ces traitements ? Si vous arrêtez, que se passera-t-il ?

Il faut donc agir sur les causes de votre dépression car la dépression n’est qu’un symptôme d’un ou plusieurs dysfonctionnements internes ou externes à votre vie sur lesquels vous pouvez reprendre le contrôle.

Agir naturellement sur les causes de la dépression en périménopause est plus bénéfique que d’avaler des cachetons contre la dépression.

Personnellement et comme vous le savez, sur le blog ménopause-zen, nous préférons les méthodes naturelles et douces. Pour agir naturellement sur la dépression de la périménonopause vous avez les techniques suivantes :

  • La psychothérapie : la psychothérapie est utile en cas de dépression légère. La psychothérapie, en particulier les thérapies cognitivo-comportementales, a démontré son efficacité et améliore les symptômes dépressifs et anxieux.  Si vous êtes de nature pessimiste ou si vous avez des choses à régler dans votre vie, la psychothérapie peut vous aider à comprendre et vous donner les outils pour aller de l’avant.
  • La phytothérapie : en périméopause, il y a trois plantes dont les effets sont indéniables sur la dépression.
  1. En première place vous avez le millepertuis. Plus d’une trentaine d’étude ont montré que cette plante est presque  aussi efficace que les antidépresseurs chimiques dans les dépressions légères à modérées.
  2. En deuxième place, le griffonia donne de bons résultats notamment en agissant sur le taux de sérotonine, souvent nommée comme un facteur de dépression.  Cette plante est particulièrement indiquée si votre dépression provoque chez vous de l’agitation, de l’irritabilité ou des troubles alimentaires.
  3. En troisième position, il y a le mucuna, (ou pois de mascate). Cette plante est beaucoup utilisée en médecine ayurvédique et dans certains pays d’Afrique.  Le mucuna agit  sur le taux de dopamine et conviendra parfaitement si votre dépression se traduit par de la fatigue le matin, un manque d’envie et de motivation.

Pour utiliser ces 3 plantes efficacement avec les dosages et conseils appropriés (prise sous forme de gélules, tisane, huile ou teinture mère), orientez-vous vers un naturopathe ou un médecin spécialisé en phytothérapie car selon votre cas, l’expert peut associer ces plantes avec d’autres comme la valériane, de ginseng, la mélisse, le tilleul, le houblon ou la passiflore.

  • L’alimentation : le lien entre alimentation et dépression a été largement prouvé. Récemment encore,  des chercheurs espagnols ont mené une étude de grandes ampleurs (plus de 15000 personnes) à ce sujet. Ces derniers ont comparé plusieurs types de régime alimentaire : le régime méditerranéen, le régime  végétarien et les régimes alternatifs plébécitant les aliments associés à la prévention de risques de maladies chroniques. Les chercheurs  sont arrivés à la conclusion que le régime méditerranéen était le régime apportant le plus de bienfaits à la santé mentale. En faisant la part belle aux oméga 3, noix, légumes,  fibres, un peu de viande d’animaux élevés en pâturage ou nourrit en grain et de poisson (saumon péchés en mer, sardines), bivalves (moules, huitres, palourdes), mollusques (poulpe, calamar, escargot) de temps en temps, le régime méditerranéen est celui le plus à même de lutter et de prévenir la dépression. Le régime méditerranéen  à un effet anti-inflammatoire et joue un  rôle fondamental dans le maintien de la membrane des neurones.
  • L’entretien du microbiote intestinal : le microbiote intestinal est votre flore intestinale. Celle-ci a un rôle certain sur votre fonctionnement cérébral. Saviez-vous que :
  1. 200 millions de neurones peuplent les intestins,
  2. 100 000 milliards de bactéries colonisent le tube digestif et que  800 à 1000 espèces de bactéries y sont présentes ;
  3. le microbiote participe à la communication entre votre intestin et votre cerveau par différentes voies, notamment par le sang, les voies endocriniennes, et le système nerveux

Que pouvez-vous dire aujourd’hui de l’état de votre flore intestinale ? Est-elle satisfaisante ? En agissant et en prenant soin de votre flore par la consommation de probiotiques, le nettoyage naturel de votre colon par des jus de légumes crus et en buvant beaucoup d’eau, vous pouvez changer la donne !

  • Le sport : le sport est un outil réduisant la dépression . Les sports d’équipe comme le basket Ball et le volley Ball, les arts martiaux et la danse sont les sports ayant un impact certains sur la réduction des états dépressifs. Pourquoi ces sports ? Parce qu’ils permettent de créer du lien social (sport collectif) et obligent au contrôle de soi (les arts martiaux, la danse)
  • La méditation : Les thérapies fondées sur la « méditation de pleine conscience » sont également efficaces. La méditation permet de modifier  consciemment certaines zones du cerveau et facilite de nouvelles connections neuronales en débranchant  celles  à l’origine de la dépression. Donc méditez, méditez, méditez et mieux si vous croyez en Dieu, priez !

 

Sereinement votre

Chantou

 

 Inserm (dir.). Psychothérapie : Trois approches évaluées ( 2004)
A longitudinal analysis of diet quality scores and the risk of incident depression, Almudena Sánchez-Villegas (2015)
Microbiote intestinal et pathologies neuro/psychiatriques : que sait-on ? Stéphanie Lavaud, Medscape France (2015 oct)
Correlation between sport ad depression, Marilisa Amorosi  Psychiatria Danubina revue, 2014

5 Responses to Dépression et transition de la ménopause : 6 outils pour aller mieux

  1. vanille says:

    Bonjour Chantou

    C’est tellement vrai, j’ai pris le traitement hormonal de la ménopause ( prescrit par ma gynéco, alors que je ne me plaignais de rien..), vous n’allez pas me croire, je n’y ai trouvé aucun effet vraiment positif, je l’ai pris 4 ans, et j’étais constamment fatiguée avec de gros troubles de l’humeur, et assez anxieuse de fait,mais depuis que je l’ai arrêté je me sens beaucoup mieux, et moins dépressive, je suis mieux sans hormones, c’est étrange finalement que le traitement est sensé réussir aux femmes, gommer leur fatigue, leur redonner le moral, moi c’est tout le contraire qui s’est produit. La faute aux hormones? J’en suis sûre.

  2. blin christine says:

    Merci pour tous ces conseils.

    Je prends un antidépresseur depuis plus de 6 mois et je ne vois aucun effet.Je suis en train de me sevrer et ce n ‘est pas facile.Les médecins n ‘expliquent pas cela.

    La venue de la ménopause(depuis 1 an)et des problèmes digestifs importants ont déclenché une dépression.
    Une fois sevrée avec l ‘aide d’une naturopathe, je vais prendre du millepertuis.

    encore merci pour les témoignages,on se sent moins seule.

    Christine

    • Chantou says:

      Merci Christine pour ce témoignage! Vous faites bien de vous sevrer. Attention tout de même à l’auto-sevrage sevrage brutal car vous pourriez ressentir un phénomène de décompensation se traduisant par plus d’anxiété. D’ailleurs, n’attendez pas la fin de votre sevrage pour aller voir un naturopathe. Ce dernier peut vous aider à gérer votre sevrage tout en agissant sur votre dépression.

      Chaleureusement

  3. liliane says:

    Bonjour

    Moi ma dépression et mon anxiété ont été stoppés grace au traitement par hormones.
    Les anti dépresseurs ne marchaient pas pour moi.Deux ans de mal être intense .
    Si j’avais su, je l’aurai commencé plus tôt.

    Bonne journée

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